Répertoire des principaux éditeurs modernes

Répertoire des principaux éditeurs modernes

Petit who's who des éditeurs du XIXe jusqu'au début du XXe. Sans prétention à l'exhaustivité (nous nous efforcerons de le compléter au long cours), son intention est de proposer à l'amateur un coup d’œil rapide sur la vivacité du petit monde des faiseurs de livres de l'époque.

Félix Alcan

D'abord associé puis seul propriétaire de l'éditeur Baillière, il fonde sa propre structure en 1877. Spécialisée dans la philosophie et les sciences humaines, sa maison accueille la collection « Bibliothèque de philosophie contemporaine », qui comprendra plus de 400 titres, avec notamment des textes de Schopenhauer, Durkheim ou Bergson. Il publie également la Revue philosophique de la France et de l'étranger (toujours active). Son neveu René Lisbonne devient son associé en 1910. Félix Alcan meurt en 1925. À partir de 1922, la maison confie l'impression de ses ouvrages aux Presses Universitaires de France. En décembre 1939, les éditions Alcan, Rieder, la Librairie Ernest Leroux et l'imprimerie Presses universitaires de France fusionnent pour former les PUF.

Jean-Baptiste Baillière

Né en 1797, issu d'une famille de drapiers de Beauvais, il débute comme commis chez le libraire Méquignon l'aîné. En 1818, Baillière ouvre une librairie consacrée aux sciences médicales et naturelles, et obtient le privilège de la librairie de l’Académie nationale de médecine. En 1831, il ouvre une succursale à Londres, à la tête de laquelle il place l'un de ses frères. Cette filiale deviendra la librairie du British Museum. Il fonde d'autres succursales à New York, Melbourne ou Madrid.

La dynastie Baillière est l'une de dynastie éditoriales les plus importantes du XIXe. Le groupe traversera le XXe siècle. En 2005, il est acquis par le groupe de médias Huveaux.

Georges Charpentier

Né en 1847, il reprend en 1872 la maison d'édition de son père, Gervais Charpentier, créée en 1838. À la tête de la maison, Georges publie les naturalistes (Zola, Flaubert, De Maupassant...) et les plus grands auteurs de son temps (Daudet, Goncourt, Huysmans...) En 1876, il crée une collection destinée aux bibliophiles : la Petite Bibliothèque Charpentier. En dépit de ses succès, les finances de la maisons se gâtent. En 1883, la moitié de l'affaire est cédée à Marpon et Flammarion. Eugène Fasquelle entre dans la maison Charpentier. Il épouse la fille de Marpon. À la mort de Marpon (en 1890), Flammarion cède toutes ses parts à Fasquelle. Georges Charpentier se retire des affaires en 1896.

Gervais Charpentier

Né en 1805 dans une famille de magistrats, il entre comme commis chez les libraires Lecointre, Durey et Ladvocat. Il fonde sa maison d'édition dans les années 1830. Les débuts sont difficiles. Face à la concurrence belge, il comprend que la mode est désormais au livre bon marché. Il invente alors ce qui deviendra plus tard le livre de poche : le format in-18 grand-jésus vélin, sous sa fameuse couverture jaune. Sa collection prend le nom de Bibliothèque Charpentier. Le succès est immédiat et lui permet d'ajouter au catalogue la plupart des romantiques, de Hugo à Nodier. Son succès marque un tournant dans l'édition française du XIXe : la plupart des éditeurs sont contraints de lui emboîter le pas, créant leurs collections bon marché et abaissant les prix de leurs publications. Gervais Charpentier meurt en 1871. Son fils unique Georges reprend l'affaire en 1872.

Armand Colin

Né en 1842 d'un père libraire, il fait ses gammes chez Firmin Didot et Delagrave, puis crée sa propre maison. Il publie d'abord des livres scolaires (Lavisse, Paul Bert...) Grâce aux lois scolaires Ferry, la maison se développe, restant globalement dans le domaine de l'enseignement scolaire et universitaire. Elle publie la revue Cosmopolis de Fernand Ortmans. Armand Colin meurt en 1900. La maison lui survit. Elle lance plusieurs collections universitaires fameuses : U (1968), Cursus (1988) ou encore la collection 128. Elle est rachetée par Masson en 1987. Intégrée aux Presses de la Cité en 1994. En 2014, elle fusionne avec Dunod.

Louis Conard

Ancien employé chez Lemerre, il fonde sa propre maison en 1902. et se fait une spécialité dans la publication d’œuvres complètes. Il publie notamment de jolies éditions des œuvres de Dumas, Balzac, Maupassant ou Baudelaire. Conard cède sa maison et sa librairie en 1943. Son fonds est liquidé en 1976.

Georges Crès

Il fonde en 1913 la maison d'édition Crès & Cie, qu'il rebaptise en 1918 Éditions G. Crès et Cie. Parmi les diverses collections de la maison, on notera Les Maîtres du livres, au sein de laquelle seront publiés quelques beaux titres destinés au bibliophiles, avec des gravures sur bois. Suite à un grave accident de voiture, Georges Crès cède ses parts dans la société et fonde une nouvelle structure, Les Arts et le Livre. Désormais dirigées par René Gas et Camille Sauty, les éditions Éditions G. Crès et Cie déclinent à partir des années 30, et font faillite en 1935, peu avant la mort de leur fondateur.

Charles Marie Eugène Delagrave

Né en 1842, Delagrave prend en 1865 la suite de Tandou, ancien associé de Dezobry à la librairie du même nom. Cette dernière devient la Librairie Delagrave en 1896 et se spécialise dans les livres d'enseignement et de formation professionnelle. Tallandier y fait ses premières armes. Charles Delagrave meurt en 1934. Son fils Max prend sa suite, jusqu'à sa mort en 1938. La maison passe ensuite à Louis Delagrave, qui meurt en 1941. Henri Delagrave dirige la maison jusqu'en 1979. En 1995, les héritiers revendent leur parts au groupe Flammarion. En 2010, Albin Michel reprend la maison et l'intègre à sa filiale Magnard-Vuibert.

Édouard Dentu

Né dans une famille de libraires, des problèmes juridiques le contraignent à solder l'affaire familiale. En 1849, il fonde sa maison d'édition. Opportuniste, il publie tout ce qui peut constituer « un bon coup », quitte à risquer le scandale, avant d'ouvrir son catalogue à la littérature populaire (Hector Malot, Féval...) et à l’occultisme (Kardec). Il produit quelques beaux livres à partir de 1870, et meurt à 1884. Sa suite est assurée par sa veuve, puis par Floury, qui lance la collection des « Maître du roman ». La maison (alors gérée par Curel et Gougis) fait faillite en 1895. Fayard rachète une partie du fonds.

Didier & Cie

D'abord libraire à Paris à partir de 1825, Paul Didier fonde une maisons d'édition, qui devient l'entreprise Didier et Compagnie en 1856. En 1844, elle est rachetée par Émile Perrin (ancien associé d'Eugène Plon et Robert Nourrit, qui a fait fortune en revendant ses parts) et devient la Librairie Académique Didier – Émile Perrin, libraire éditeur. La structure se spécialise dans l'édition des discours de l'Académie française et les ouvrages des membres de l'Institut. Dès la fin du XIXème, elle s'oriente vers les livres d’Histoire et les mémoires de personnalités. André Gide y publie ses premiers livres en 1909. Elle reste dirigée par la famille jusqu'en 1945. En 1959, elle est rachetée par les Presses de la Cité. Après divers mouvements, Perrin est aujourd'hui un département de la Sogedif, filiale d'Editis.

Firmin Didot

Issu d'une dynastie d'ouvriers du livre qui depuis le règle de Louis XIV s'illustre dans diverses améliorations techniques d’imprimerie, comme la presse à un coup ou la technique que fabrication du papier vélin. Il fait son apprentissage auprès de son père, François-Ambroise Didot (dit « Didot l'Aîné »). Fondeur et graveur habile, il est le premier à éditer des stéréotypes (système d'impression à échelle industrielle : chaque page était composée avec des matrices en creux dans lesquelles un alliage était coulé directement. Le premier ouvrage imprimé selon ce procédé fut les Tables portatives de logarithmes de François Callet.) Avec son frère Pierre, il publie Camoes, Virgile ou Piranèse (dont il acquiert les œuvres gravées et les édite en 40 exemplaires). En 1811, L’Institut National le choisit comme imprimeur attitré (Firmin-Didot le demeurera jusqu'en 1939). Il donne sont nom à une unité typographique (le point Didot), ainsi qu'à un caractère de typographie fameux. En 1827, Firmin Didot cède la direction de ses affaires à ses trois fils : Ambroise, Hyacinthe et Frédéric : l'entreprise devient « Firmin Didot frères ». La maison Firmin-Didot traverse les époques en restant entre les mains de la famille. En 1999, l'imprimerie Firmin-Didot, installée à Mesnil-sur-l'Estrée, est rachetée par le groupe CPI (le plus important groupe d'imprimeries d'Europe).

Eugène Fasquelle

Né en 1863, il entre à la librairie Charpentier en 1886. En 1887, il épouse la fille d'Ernest Marpon. A la mort de ce dernier en 1890, Fasquelle récupère les parts (importantes) des éditions Charpentier que Marpon et Flammarion possèdent, et devient l'associé de Georges Charpentier. Ce dernier se retire en 1896, laissant Fasquelle seul aux commandes de la maison. Il conserve une bonne partie des auteurs publiés par son prédécesseur (Jarry, Larbaud, Pagnol...) La maison reste au mains de la famille jusqu'en 1959, où elle fusionne avec les éditions Grasset.

Ernest Flammarion

Né en 1846, frère cadet du célèbre astronome Camille Flammarion, Ernest commence sa carrière comme employé à la Librairie Académique Didier. En 1876, associé à Charles Marpon, il fonde les éditions C. Marpon & E. Flammarion. Portée par le succès du livre de son frère (L'astronomie populaire), la maison se spécialise dans la littérature, classique ou moderne (Balzac, Flaubert, Stendhal, Maupassant, Zola...), puis ouvre son catalogue à tous les secteurs d'édition. En 1909, Ernest associe ses deux fils, Charles et Albert à sa maisons d'édition, qui devient E. Flammarion et fils. Ernest meurt en 1936. La direction de la maison est reprise par Charles, puis par Henri Flammarion. La maison reste aux mains de la famille jusqu'en 2012, date à laquelle elle est vendue au groupe Madrigall, après être passée sous le contrôle du groupe d'édition multimédia italien RCS.

André Ferroud

D'abord libraire (comme tant d'autres), Ferroud s'essaie à l'édition à partir de 1886, avec trois ouvrages de l'instituteur Zéphir-Joseph Piérart. Érudit et élitiste, il dédaigne les gros tirages et accorde toute son attention au public bibliophile. Il édite de nombreux textes, souvent dans des éditions somptueuses, ornées de gravures. Notamment (parmi tant d'autres merveilles) le Salammbô de Flaubert, illustré par Rochegrosse, ou Le Pavillon sur l'eau de Gautier, illustré par Caruchet. Malade, il cède ses affaires à son neveu François Ferroud en 1903. Ce dernier meurt en 1921.

Charles Furne

Actif pendant la période romantique, Charles Furne reprend la boutique des libraires Dupont et Moret en 1826 et se spécialise dans les livres d'histoire (il publie Thiers, Mignet, Henri Martin...) Féru de technique, il cherche à produire des ouvrages bon marché, mais illustrés. Il se fait particulièrement remarquer pour son édition en 17 puis 28 volumes de La Comédie humaine de Balzac (Furne est le seul, parmi les signataires du contrat avec Balzac, à en avoir achevé l'édition). En 1833, il s'associe avec Gosselin et forme l'entreprise Furne et Cie. A sa mort en 1859, la maison est reprise par son fils et devient la Librairie Furne, Jouvet et Cie éditeurs. Le fond est racheté par Cobet puis Boivin, qui meurt en 1937, entraînant la fin de la maison.

Charles Gosselin

Né en 1795, il est l'un des grands éditeurs romantiques français. Neveu du libraire parisien Nicolle, il entre comme apprenti chez son oncle et prend la tête de l'entreprise en 1819. En 1822, il obtient un brevet de librairie et fonde la maison Charles Gosselin. Associé à Ladvocat, il édite les 65 volumes des œuvres de Walter Scott. Puis, avec Motte, les Méditations Poétiques de Lamartine. Sa fortune faite, il publie Victor Hugo, avec lequel il se brouille au sujet de 3 chapitres supprimés de Notre-Dame de Paris (rendus en retard). Hugo par chez à la concurrence, chez Renduel. Il publie également Balzac (avant que ce dernier ne le quitte pour Werdet). Et Sand (avant qu'elle ne le quitte pour Buloz). En 1833, il s'associe avec Charles Furne, formant l'entreprise « Furne et Cie. Gosselin met également en place les bases du syndicat qui deviendra plus tard le Cercle de la Librairie : le Comptoir de la librairie, en 1842.

Louis Hachette

Issu d'une famille d'origine paysanne, après de brillantes études (François Guizot fut son professeur), il obtient un brevet de libraire en 1826 et fonde la Librairie L Hachette. L'entreprise prospère dès 1832, en obtenant les commandes du Ministère de l'Instruction Publique. En 1840, il obtient de Guizot le titre de Libraire de l'Université. Jusqu'en 1850, la maison se consacre à l'édition scolaire et universitaire, domaines dans lesquelles elle jouit d'un quasi monopole. Louis Hachette met en place ce qui deviendra plus tard l'office (la possibilité pour les libraires de renvoyer les invendus). Il est également le premier à mettre en place des points de ventes de livres dans les gares (1200 points de vente aux alentours de 1896). Il se lance dans la presse, avec notamment Le Tour du Monde dirigé par Édouard Charton. En 1840, il s'associe avec ses gendres, l'avocat Émile Templier puis ses fils Alfred et Jean-Georges, pour former la librairie L. Hachette et Cie. Désireux de concurrencer Michel Lévy frères, il s'engage dans le secteur de la littérature en acquérant le fond Renduel. À la mort de Louis Hachette, en 1864, la maison Hachette est la plus grande maison d'édition française et européenne. Elle intègre Armand Colin à ses collections scolaires en 1900. Puis la maison Hetzel, en 1914. Le groupe Hachette est aujourd'hui la propriété du groupe Bolloré.

Alexandre Houssiaux

Ancien commis chez Furne, Houssiaux est principalement actif en tant qu'éditeur entre les années 1840 et 1870. Il s’illustra par de grandes éditions illustrées des classiques français. On sait peu de choses sur Houssiaux, relativement à l'importance qu'il est la sienne sur la librairie du XIXe. L’un des projets les plus remarquables auxquels il participe est la publication de La Comédie humaine d’Honoré de Balzac (initialement entreprise par plusieurs éditeurs, notamment Charles Furne ou Jules Hetzel). Il est également l'éditeur des œuvres de Victor Hugo.

Damase Jouaust

Damase Jouaust (fils de l'imprimeur Charles Jouaust) fonde en 1869, la « Librairie des bibliophiles » Jouaust. D'abord imprimeur, Damase Jouaust travaille notamment pour le compte de Lemerre. Sa maison fera les belles heures de la bibliophilie de la fin du XIXe siècle, publiant des textes parfois d'une grande rareté, anciens ou contemporains, dans des ouvrages très soignés, pour certains tirés à peu d'exemplaires. Suite à des difficultés financières, la maison est contrainte de vendre une partie de son stocks (à fort vil prix) à Flammarion en 1891, puis son imprimerie à Léopold Cerf en 1893.

René Kieffer

D'abord relieur, il fonde sa maison d’édition en 1909. Il édite principalement des classiques, en édition luxe ou demi-luxe destinées aux bibliophiles et se prêtant naturellement à la reliure d'art (en particulier : celles proposées par son propre atelier). Entre 1909 et 1950 (date de la mort de René Kieffer), les éditions Kieffer publient pus de 130 titres, parmi lesquels La Princesse de Babylone de Voltaire (1925) illustré par Barte, ou Le Dangier d'être trop cocquebin de Balzac (1925 également) illustré par Grand D'Aigle.

Pierre François Ladvocat

« Le Prince des éditeurs » parisiens à l'époque romantique. D'abord simple employé de son épouse Constance Sophie Aubé, libraire, il reçoit son propre brevet de libraire en 1821. En 1822, il devient libraire de Ferdinand-Philippe d'Orléans. Mondain, habile à tisser d'utiles relations (notamment parmi les journalistes), sa librairie connaît un succès considérable jusqu'en 1832. Il permet à une foule de jeunes auteurs de faire leurs premiers pas éditoriaux, et publie la plupart des romantiques (Chateaubriand, Millevoye, Hugo...). Ladvocat mène grand train, dépense une fortune qu'il n'a pas et commence par être victime de sa propre ambition. En 1829, la vente de son fonds lui permet d'éviter la faillite. Temporairement : la crise économique de 1830 le fragilise, jusqu'à faire définitivement faillite en 1840. Il devient un temps vendeur d'objets d'arts. Après une vie à côtoyer les grands de son époque, Ladvocat s'éteint dans la pauvreté, oublié de tous, sauf de Balzac, qui fit de lui le Dauriat de ses Illusions perdues.

Victor Lecou

Sa maison est principalement active dans les années 1840 et 1850. Son catalogue se caractérise par un intérêt marqué pour la littérature contemporaine, les traductions et les ouvrages historiques ou politiques.

Parmi les ouvrages publiés par sa maison figurent des textes d’écrivains importants de son époque. Il édite notamment des œuvres de George Sand, dont Histoire de ma vie (1854-1855), ainsi que des livres de Théophile Gautier ou de l’écrivain allemand Heinrich Heine. Lecou s’intéresse également aux grandes figures littéraires étrangères. Il entretient des relations avec Charles Baudelaire, qui lui écrit en 1852 à propos de la publication de traductions d’Edgar Allan Poe. L’éditeur publie par ailleurs des ouvrages historiques et politiques, comme la Biographie des 900 représentants à la constituante et des 750 représentants à la législative (1849), consacrée aux acteurs de la vie politique de la Deuxième République. Malgré la qualité littéraire de certaines publications, sa maison d’édition dispose de moyens financiers limités face aux grands éditeurs parisiens de l’époque. En 1855, Victor Lecou cède finalement son fonds à la maison d’édition Hachette.

Alphonse Lemerre

Maison fondée en 1865, avec pour marque le fameux homme bêchant, surmonté de la devise fac et spera (agis et espère). Les éditions Lemerre abrite plusieurs collections en petit format 13x19, comme (entre autres) la "Collection Lemerre" (classiques français) ou la "Bibliothèque d'un curieux" (auteurs anciens). En 1866, il publie les Poèmes saturniens de Verlaine (avec Damase Jouaust pour imprimeur). Il publie également Leconte de Lisle, De Heredia, Bourget (qui lui intentera un procès), Copée, Sully Prudhomme, Anatole France (qui lui intentera également un procès), les poètes du Parnasse... Alphonse Lemerre meurt en 1912. Ses descendants prennent sa suite, jusqu'en 1965.

Michel & Calmann Lévy

Avec ses frères « Kalmus » dit Calmann et Nathan, il fonde sous le nom de « Michel Lévy frères » en 1836 un cabinet de lecture qui commence très vite à publier ses premiers ouvrages, des œuvres dramatiques. Les frères publient la plupart des grands noms de la littérature française de leur temps, de Sand à Baudelaire, en passant par Hugo et Balzac. Michel meurt en 1875. La société prend le nom de Calmann-Lévy, éditeurs. Lorsque Calmann meurt à son tour en 1891, sa veuve et ses trois fils lui succèdent. La maison quitte les mains de la famille en 1985. Les éditions Calmann-Lévy demeurent l'une des plus anciennes maisons d'édition encore actives. Elle fait désormais partie du groupe Hachette.Pierre Jules Hetzel

La maison Mame

Fondée par Charles-Pierre Mame à la fin du XVIIIe siècle (d'abord un librairie et une imprimerie de journaux). Ses affaire étant prospères, il installe ses fils à Paris et Tours. Mais après la faillite de la librairie parisienne et la mort du fondateur, c'est son petit-fils Alfred Mame qui industrialise l'entreprise familiale et centre son activité sur Tours. Cette dernière publie de nombreux titres destinés à l'édification de la jeunesse chrétienne (notons sa belle Bible illustrée par Gustave Doré). Le catalogue de la maison Mame est colossal, et l'entreprise demeure longtemps l'un des plus gros employeurs de la région, réputé pour ses cartonnages. Les locaux de Mame sont détruits par les bombardements de Tours en 1940. En 1945 l'entreprise est reprise. En 1950 est lancée la construction de l'imprimerie Mame (abandonné en 2011). L'entreprise est cédée en 1980 à la maison d'édition belge Desclée de Brouwer, puis au groupe d’édition Fleurus.

Victor Masson

Né en 1807 dans une famille possédant de riches vignobles, il commence sa carrière professionnelle dans le domaine vinicole. En 1830, par l'entremise de son oncle, il fréquente les milieux scientifiques (son cousin est le physicien Antoine Masson) et commence fait la connaissance de Louis Hachette, qui vient de fonder sa maison d'édition. Auprès de ce dernier, Victor Masson se forme aux métiers de l'édition, puis fonde la Librairie médicale et scientifique en 1846. L'année suivante, il fonde la Bibliothèque Polytechnique. Son fils Georges entre dans la maison en 1859, qui ouvre le marché vers l'étranger, principalement l'Amérique du Sud, en maintenant toujours l'orientation de la maison sur les publications scientifiques. En 1896, la société devient Masson & Cie. La maison demeure entre les mains de la famille jusqu'à la fin du XIXe siècle. Après avoir acquis Armand Colin (en 1987) puis Belfond (en 1989), le groupe Masson a fusionné avec Elsevier France.

Georges et Antoinette Mornay

Maison active entre 1919 et 1940, période durant laquelle la maison édita plus de 110 ouvrages demi-luxe (Anatole France, Balzac, Chateaubriand, Colette...), tirés sur grands papiers. La grande originalité de cette maison fut son recours systématique à l'illustration (avec des illustrateurs tels Lebedeff, Poilliot, Dignimont ou Falké, entre autres), contribuant à la popularisation des éditions demi-luxe.

Paul Ollendorff

La Société d'éditions littéraires et artistiques, fondée en 1875. Publie des auteurs naturalistes et populaires, notamment Georges Ohnet (son premier grand succès), Maupassant, Mirbeau ou Allais. La maison commence à péricliter en 1904, malgré ses tentatives de lancer des collections à bas coût. Elle obtient le Goncourt 1905 avec Les Civilisés de Claude Farrère. Le fondateur décède en 1920, une partie du fonds est racheté par les éditions Albin Michel en 1924. La Société d'éditions littéraires et artistiques perdure tant bien que vaille, puis dépose le bilan en janvier 1940.

Émile Paul

Maison créée en 1882 par Émile Paul. En 1887, Émile Paul associe ses fils Albert et Robert à l'affaire. Cette dernière reste globalement orientée sur la bibliophilie. Jusqu'en 1912, date à laquelle Émile fait l'acquisition de différents fonds qui ouvrent la maison aux publications liées à l'histoire militaire, celle de la Révolution ou des documents peu communs de personnages sur XVIIIe ou de l'époque napoléonienne. En 1913, Émile-Paul, Libraire-éditeur devient Émile-Paul frères, éditeurs, et s'ouvre à la littérature contemporaine. Ils publient Barrès, Péguy, Uzanne ou le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier. Dans l'entre-deux guerres, la maison continue de publier des beaux livres de bibliophilie. Cependant, en 1935, elle fait faillite. Elle est reprise par les frères Émile-Paul. Sous l'Occupation, elle fait partie des quelques maisons qui refusèrent la compromission avec l'ennemi, ralentissant son rythme de parutions et manœuvrant pour esquiver la censure. A l'issue de la guerre, Robert Paul proteste contre l’indulgence accordée aux maisons d'édition qui n'eurent pas les scrupules des deux frères vis à vis de l'occupant. Entrant lentement en déclin à la mort de ces derniers (Albert en 1954 et Robert en 1955), la librairie est peu à peu liquidée à partir de la fin des années 60.

René Pincebourde

Employé chez Michel Lévy, Louis Hachette puis Auguste Poulet-Malassis. En 1863, il récupère la du fonds de Poulet-Malassis et s'installe comme libraire. Il édite diverses revues et catalogues de vente, puis lance ses collections "Petite bibliothèque des curieux" et Bibliothèque originale". En 1867, les Camées parisiens ( trois petits volumes de courts portraits – tantôt laudateurs, tantôt acides, toujours délicieusement écrits – des figures célèbres de son temps) de Théodore de Banville lui valent un franc succès. Il publie également des ouvrages érotiques. Et surtout le Tombeau de Charles Baudelaire (1896), contenant 40 textes des auteurs les plus fameux, rendant hommage au poète disparu en 1867. René Pincebourde est retrouvé noyé dans la Seine en 1898.

Henri Plon

Né en 1806. Il s'installe comme imprimeur à Paris en 1833. En 1845, il associe ses frères Charles, Hippolyte et Louis-Charles à l'affaire, qui prend la dénomination de Plon frères et Cie  La Librairie Plon naît en 1852. Elle publie d'abord des livres liturgiques illustrés et soutient le Second Empire en devenant l'imprimeur attitré du régime. À la mort de Henri en 1872, c'est son fils, Eugène, qui prend sa suite. Il s'associe à son beau-frère, Louis-Robert Nourrit, pour former Plon, Nourrit et Cie. Après la mort de Nourrit en 1894 et celle d'Eugène en 1895, l'atelier est abandonné au profit des seuls métiers d'éditeur par la nouvelle direction confiée à Pierre Mainguet et à son beau-frère, Henri-Joseph Bourdel, les petits-enfants d'Henri Plon. La maison traverse le XXe et est toujours active. Elle est désormais la propriété de Vivendi.

Auguste Poulet-Malassis

Né en 1825. Issu d’une famille d’imprimeurs d’Alençon, il étudie à l’École des chartes avant de reprendre l’imprimerie familiale et de devenir éditeur à partir de 1855, d’abord à Alençon puis à Paris, associé à son beau-frère Eugène de Broise. Républicain engagé, il participe aux journées révolutionnaires de juin 1848 et est emprisonné pendant plusieurs mois. Comme éditeur, Poulet-Malassis se distingue par une politique éditoriale audacieuse, publiant des écrivains novateurs tels Théophile Gautier, Théodore de Banville ou Leconte de Lisle. La publication des Fleurs du mal entraîne toutefois un procès pour immoralité en 1857, qui condamne l’ouvrage et frappe l’éditeur d’une amende. Finalement en faillite, son fonds est liquidé en 1862, date à laquelle il est emprisonné pour dettes. Il s’exile à Bruxelles de 1863 à 1870, où il poursuit une activité éditoriale variée, publiant notamment des ouvrages érudits et des « curiosa ». Érudit, bibliophile et typographe exigeant, il est aussi auteur de plusieurs travaux historiques et bibliographiques. Il meurt à Paris en 1878. Auguste Poulet-Malassis est sans conteste l’un des éditeurs littéraires les plus audacieux de son époque. Il demeure surtout dans l’histoire de l’édition comme le principal soutien éditorial de Baudelaire et un promoteur précoce de la poésie moderne (Théophile Gautier, De Banville...)

Albert Quantin

D'abord apprenti chez Mame (à Tours), il devient co-directeur (avec May) de l'imprimerie Claye. En 1886, Albert Quantin commence à éditer ses premiers livres. Le catalogue de la Maison Quantin laisse une place important au livre à images, jouant un rôle majeur dans le renouvellement des images populaires, ainsi que dans l'avènement d'une littérature à destination de la jeunesse. En 1890, la maison Quantin fusionne avec le groupe des « Imprimeries réunies » pour devenir la "Société des librairies-imprimeries réunies" (les livres portent la mention "Ancienne Maison Quantin" pendant quelques années). La maison Quantin publie notamment les revues "Le Livre" ou "Le Monde Moderne". Elle disparait peu avant la Grande Guerre.

Eugène Renduel

Grand éditeur du romantisme naissant (Musset, Gautier, Sainte-Beuve). D'abord employé en librairie, il fonde sa maison en 1819. Il publie notamment Hugo, Nodier, Sue, Gautier... Vers 1840, il se retire dans la Nièvre pour raisons de santé, cesse son activité de libraire éditeur et devient propriétaire terrien. Sa maison est reprise par Hachette.

Octave Uzanne

Né en 1851, journaliste, bibliophile (il a attrapé e virus auprès de Paul Lacroix), homme de lettre et éditeur, il est issu d'une famille de commerçants d'origine savoyarde. Comme éditeur, il publie plusieurs œuvres inédites, dont Sade ou Caylus ou certains textes de Baudelaire. Ami des beaux esprit de son temps (Rémy De Gourmont, Barbey d'Aurevilly...), homme aux goûts résolument tournés vers le passé, il est très actif dans le monde de la bibliophilie et fonde la Société des bibliophiles contemporains, future Société des bibliophiles indépendants. Ses publications sont toujours le témoignage de son goût : papiers, typographies et illustrations sont choisies avec soin. Il meurt en 1931, entouré de ses chers livres.

Louis Désiré Véron

Né en 1789, il fait fortune dans la médecine, avant de se lancer dans une carrière dans le journalisme. En 1829, il fonde la Revue de Paris, popularisant la formule « la suite au prochain numéro ». Il fait paraître Le Juif errant d'Eugène Sue dans le quotidien Constitutionnel, dont il est le directeur. Il contribue à populariser nombre de romans-feuilletons du XIXe siècle. Il meurt en 1867.

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